L’Amour de Dieu Qui-Est-Amour – Partie 2

Dieu Qui-est-amour

 

La question n’a jamais été comment un Dieu souverain pourrait exercer son amour, mais comment le Dieu Qui-Est-Amour exerce sa souveraineté.

Quand je m’assois pour réfléchir à l’histoire de l’Église, je me rends compte que l’une des façons que l’héritage chrétien d’occident s’est égaré, c’est en accordant une place démesurée à l’idée que l’aspect primordial chez Dieu était une souveraineté omnipotente. En tant que souverain, il ne pouvait que contrôler tous les moindres évènements.

C’est triste parce que Dieu ne se montre pas premièrement comme un être obsédé par un désir exacerbé de tout contrôler (même les actions humaines) mais il se révèle comme un Père aimant qui aime sa création.

Voir le Dieu invisible

Je me souviens qu’il y a quelques années, un de mes amis me disait que Dieu ne voulait pas se révéler aux hommes, qu’il était invisible et que personne ne pouvait vraiment savoir à quoi il ressemblait réellement.

Il me dit, Patrice, on ne peut même pas savoir si les mots qu’on utilise pour le décrire sont vraiment adéquats.

Dieu est invisible, c’est vrai ! Mais, étonnement la Bible nous dit que ses perfections sont visibles comme à l’œil…

Je pense aussi que si nous croyons vraiment que la personne de Jésus-Christ mérite toute notre attention… Si nous Le prenons au sérieux, si nous croyons sans nul doute qu’il est la révélation suprême du Père et qu’il est le Fils unique, qu’il est réellement celui qui est dans le sein du Père, et celui qui l’a fait connaître… Si nous le prenons vraiment au sérieux ses propos lorsqu’il nous dit : « Celui qui m’a vu, a vu le Père ; et comment toi, dis-tu : montre-nous le Père ? »… Une chose devient visible comme à l’œil, c’est que Dieu n’est pas un obsédé du contrôle.

Le Dieu serviteur

N’est-ce pas le Fils qui dit :

(25)  Et Jésus, les ayant appelés auprès de lui, dit : vous savez que les chefs des nations dominent sur elles, et que les grands usent d’autorité sur elles. (26)  Il n’en sera pas ainsi parmi vous ; mais quiconque voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; (27)  et quiconque voudra être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave ; (28)  de même que le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs (Mat 20:25-28).

Dans ce même contexte, l’évangile de Luc complète par ces propos de Jésus :

Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. (Luc 22:27).

Je trouve ce passage vraiment révélateur :

Jésus reprit donc la parole, et leur dit : en vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. (Jea 5:19)

Le Fils fait ce que le Père fait

Le Fils ne fait que ce qu’il voit faire au Père… Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, voir le Fils s’abaisser comme un serviteur et savoir qu’il ne fait que ce qu’il voit le créateur de l’univers faire, je trouve ça remarquable.

L’apôtre Paul reprend ce même thème important dans son épitre aux Philippiens :

Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.  C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Phi 2:5-11).

Le fait que Dieu lui-même ait pris la forme d’un serviteur et que ce soit à la gloire de Dieu le Père nous témoigne d’un amour sans précédent d’un Créateur pour sa création. Un serviteur ne se caractérise pas par son contrôle sur autrui. Dieu ne peut donc pas se caractériser comme tel.

Voir Jésus, c’est voir corporellement toute la plénitude de la divinité (Col. 2 : 9).

La justice, la sainteté, la bonté

La plus belle définition de Dieu, c’est celle de 1 Jean 5 : 8,16 : Dieu est amour. L’amour est le propre de la nature même de Dieu, de son essence. Tous les autres attributs de Dieu : la justice, la sainteté, la bonté… tous, ne sont que des reflets, des aspects de son essence : un peu comme les facettes d’un diamant. L’amour, c’est ce que Dieu est. Tous les autres attributs divins ainsi que toutes les actions divines ne sont que les résultantes de cette nature-qui-est-amour.

Donc, la Sainte Trinité est amour, et c’est cette essence d’amour que les trois personnes de la Trinité ont en commun. C’est d’ailleurs ce qui me fait dire que l’Éternel est Père avant d’être Dieu.

Dieu change-t-il ? demandera quelqu’un.

Non, mais tout comme l’Éternel n’est devenu créateur que lorsqu’il a créé.  De la même manière, il n’est « devenu » Dieu qu’à cause de ses relations avec ses créatures. De son côté, le nom Père décrit ce qu’il est depuis toute éternité. Dieu le Père a toujours aimé le Fils et le Saint-Esprit, le Fils a toujours aimé le Père et le Saint-Esprit et le Saint-Esprit a toujours aimé le Père et le Fils.

Si l’on se demande comment est Dieu… Nous n’avons qu’à regarder au Fils.

Dieu Qui-est-amour

 Pour lire la première partie.

 

 

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L’Amour de Dieu Qui Est Amour – Partie I

Dieu aime tous les êtres humains ! C’est la beauté de l’amour de Dieu.

Du moins, c’est ce que je crois. D’ailleurs, toute ma vie, j’ai tenu cette vérité comme fondamentale.

Je pense qu’il ne m’était même jamais venu à l’esprit que l’on puisse penser autrement. Puis, je me suis converti au christianisme et j’ai pu constater la profondeur et la portée de cette affirmation.

Je me souviens, lorsque la première fois, j’ai lu cette phrase poignante de l’épitre de 1 Jean : Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Et cette autre, un peu plus bas dans le même chapitre : Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour. Et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Quelle profondeur, quelle portée, quelle beauté. Le créateur de l’univers, celui qui ne peut pas mentir, affirme qu’il est amour. Ça donne un tout autre sens à l’amour de Dieu.

Amour de Dieu – un verbe d’état ?

En français comme en bien d’autres langues, on peut diviser les verbes en deux grandes catégories : les verbes d’action et les verbes d’état. Un verbe d’action exprime l’action que le sujet fait ou qu’il subit, alors qu’un verbe d’état, exprimer l’état dans lequel le sujet est. Pour Dieu, l’amour n’est pas seulement un verbe d’action, du moins, il n’est pas seulement une action, il est un état.

Dieu n’aime pas seulement Sa création, il est lui-même amour.

Mais le Dieu-qui-est-amour aime et il aime vraiment. Il aime tellement ses créatures qu’il s’est lui-même porté volontaire pour assumer les torts de l’humanité et en payer le prix… Le prix de la croix. C’est là, la grandeur, la profondeur, la largeur et la beauté de l’amour de Dieu.

Une minorité

Quelle fut donc ma surprise quand, au début des années » 90, j’ai appris que cette idée que Dieu aime tous les humains, était loin de faire l’unanimité. Pire, j’ai réalisé qu’elle ne faisait pas l’unanimité au sein de mon propre héritage spirituel, à savoir l’héritage protestant évangélique.

Je n’ai pas besoin de vous dire que j’avais été profondément bouleversé.

Un peu comme pour un deuil, le choc a rapidement laissé la place au déni, à la colère, puis à la tristesse.

Heureusement, aujourd’hui je sais qu’il ne s’agit que d’une minorité. Un groupuscule de personnes, qui en se regardant dans le miroir, sont persuadées que Dieu n’aime qu’eux.

L’un des auteurs de tristes notoriétés qui a popularisé cette idée est un gars du nom d’Arthur Pink. Il affirme, dans l’un de ses bouquins, « Dieu est souverain dans l’exercice de son amour » et donc qu’il « aime ceux qu’il choisit. Dieu n’aime pas tout le monde ». Avec une telle pensée, que reste-t-il de l’amour de Dieu.

Dieu aime vraiment sa création

Pourtant, n’est-ce pas le cœur même de l’Évangile que Dieu aime tout le monde ? N’est-ce pas ce que l’Évangile de Jean au chapitre 3 et au verset 16 affirme ? « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »

Quand j’ouvre le Nouveau Testament pour y lire le contexte, je trouve cinq fois le mot monde avant le chapitre 3. Cinq fois !

C’est ce monde, nous dit l’auteur en 1:10, qui a été fait par Dieu et c’est ce monde qu’il aime. Restreindre l’amour de Dieu en affirmant que Dieu n’aime pas tout le monde, c’est prétendre que le Créateur du monde n’a pas créé tout le monde.

Il est vrai que Pink était un extrémiste. Pourtant, il se décrivait comme calviniste, et même si la plupart des calvinistes décrient son extrémisme, il n’en demeure pas moins que les tenants de cette école de pensée entretiennent une certaine forme d’angle mort avec le fait que Dieu soit amour.

Un angle mort

Par exemple, Calvin, l’éponyme du calvinisme, dans son œuvre magistrale de théologie : l’Institution de la religion chrétienne (un ouvrage de plus de 1500 pages), il ne cite pas une seule fois 1 Jean 4:8 ni 1 Jean 4:16. Pas une seule fois. Pourtant, il y décrit Dieu de nombreuses fois… Dans un index de versets pourtant complet et qui doit avoir plus d’une quarantaine de pages, on n’y retrouve jamais ces deux passages. Quelle triste omission!

L’autre exemple frappant, c’est le petit catéchisme de la très célèbre Confession de foi de Westminster. À la question #4 « Qu’est-ce que Dieu », le catéchisme répond : « Dieu est esprit, infini, éternel, et immuable dans son être, sa sagesse, sa puissance, Sa Sainteté, sa justice, sa bonté, et sa vérité. » Mais nulle mention n’est faite du Dieu-qui-est-amour. D’ailleurs, la notion que Dieu aime les hommes n’y apparaît nulle part.

Même dans la Confession de foi Westminster à proprement parler, une œuvre maîtresse du calvinisme anglo-saxon, on ne trouve nulle mention de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Seul l’amour de Dieu pour les élus est affirmé, mais sans aucune mention d’un quelconque amour pour les réprouvés. D’ailleurs,le même commentaire peut être fait de la confession baptiste de 1689, une pièce importante du calvinisme baptiste.

Qui sont les réprouvés ? Ce sont ceux qui dans la pensée calviniste — et là, tous les calvinistes s’entendent — n’ont pas été choisis par Dieu pour le salut, mais qui passeront une éternité de tourment pour le seul bon plaisir de Dieu.

L’amour de Dieu est-il différent du nôtre

L’amour de Dieu est-il différent pour les élus et pour les non-élus ?

Certains comme John MacArthur et John Piper, et ils sont nombreux, affirment que Dieu aime les élus d’une manière différente que les non-élus. Mais, est-ce plausible ?

Avant de répondre à cette dernière question, il faudrait se demander ce qu’est aimer.

L’amour, nous dit l’apôtre Paul :

[…] est patient, l’amour est serviable, il n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il ne médite pas le mal, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité (1 Corinthiens 13:4-6).

L’amour est donc bien circonscrit. Les Écritures nous en donnent une bonne définition et il est difficile d’y échapper.

Dieu, nous demande d’aimer nos ennemis, or la question que nous pouvons nous poser, aime-t-il les siens ?

Dieu aime-t-il ses ennemis ?

Je pense que oui. Regardez ce que Jésus a affirmé dans l’Évangile de Matthieu :

(43) Vous avez ouï qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi ». (44)  Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent, (45)  en sorte que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes. (46)  Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense avez-vous ? Les publicains même n’en font-ils pas autant ? (47)  Et si vous saluez vos frères seulement, que faites-vous de plus que les autres ? Les nations même ne font-elles pas ainsi ? (48)  Vous, soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Mat 5:43-48).

Pour être parfait comme le Père céleste, il faut aimer nos ennemis, c’est donc dire que Dieu les aime aussi. Certes l’amour de Dieu est d’une perfection infinie, le nôtre est bien limité.

Mais les caractéristiques de l’amour de Dieu pour ses ennemis et de notre amour pour les nôtres diffèrent, certes, mais elles ne peuvent différer qu’en grandeur, mais non en qualité. L’amour de Dieu, pour être amour, doit être caractérisé par la patience, la serviabilité, l’absence d’envie, l’absence de vantardise, l’absence d’orgueil, de malhonnêteté… L’amour, même chez Dieu, ne peut chercher son intérêt…

Ce sont là les qualités de l’amour, même chez Dieu. D’ailleurs, ce n’est que parce que l’amour de Dieu possède ces caractéristiques que notre amour les possède aussi. C’est son Amour, l’amour de Dieu qui est l’archétype de l’amour, c’est-à-dire qui est le point de référence idéal.

En résumé, Dieu aimait mieux mourir que de voir des êtres humains se perdre sans rien faire.

Dieu aime-t-il les gens différemment ?

Je ne le pense pas. Ceci impliquerait que la créature a la capacité d’affecter, voire même de modifier, les caractéristiques des attributs divins. L’amour de Dieu, c’est ce qu’il est.

La terre ne peut empêcher le Soleil de lui donner sa lumière.

Oui, mais, diront certains, Dieu n’a qu’un amour temporel pour les humains… il fait lever son soleil sur les méchants et envoie sa pluie, sans plus.

Faire ces choses ne sont pas synonymes d’amour. Paul affirme qu’on peut donner tous ses biens pour les pauvres et le faire sans amour. L’amour est plein de bonté, certes, mais l’amour est beaucoup plus que des actes de charité.

De plus, en quoi peut-on dire que Dieu aime ses ennemis qui ne sont plus de ce monde ? Qui ne bénéficie plus du soleil et de la pluie ? En termes d’éternité, une vie terrestre vaut quoi ? Quelques milliardièmes de secondes, même pas ? Est-ce là l’étendue de l’amour de Dieu pour ses ennemis, quelques rayons de lumière et quelques gouttes de pluie ?

Mais à la lumière des Écritures, la conclusion de Pink est erronée. La question n’est pas comment un Dieu souverain exerce son amour, mais comment le Dieu-qui-est-amour exerce sa souveraineté.

Si on veut prendre ce que Dieu a déclaré de lui-même au sérieux, il faut admettre qu’il est le Dieu-qui-est-amour. Il est amour par nature et non par choix. Dieu ne choisit pas d’aimer, il est amour et il aime.

Le Soleil ne choisit pas d’éclairer et de réchauffer, il les fait par nature.

Pink a dit dans son livre sur la souveraineté de Dieu, comme je l’ai mentionné plus haut :

Lorsque nous disons que Dieu est souverain dans l’exercice de son amour, nous voulons dire qu’il aime celui qu’il choisit. Dieu n’aime pas tout le monde.

Mais à la lumière des Écritures, la conclusion de Pink est erronée. La question n’est pas comment un Dieu souverain exerce son amour, mais comment le Dieu-qui-est-amour exerce sa souveraineté

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