La marche des morts vivants

Bonjour, mon nom c’est Pat et je suis un cinéphile, je l’avoue ! J’aime les films de SF, les films fantastiques, les films d’action, les thrillers, les policiers, certains suspens. J’aime moins les drames, les films trop verbeux. Mais je n’aime vraiment pas les films d’horreur et encore moins, mais là, encore moins les films de Zombie. Des morts vivants : Tu parles d’un oxymore ! Tu peux être mort ou tu peux être vivant, mais pas les deux — en tout cas, pas au sens littéral du terme. On me dira que c’est de la fiction, soit, mais je pense qu’il faut quand même qu’un thème soit un tantinet crédible…

Le plus étonnant, c’est que ces films sont vraiment à la mode… Le pire, c’est qu’on parle même de morts-vivants dans certains milieux chrétiens. Mais cette fois, la réalité dépasse la fiction d’encore plus loin. Comme veut nous le faire croire ce texte que j’ai lu récemment :

Chez l’homme naturel, l’âme n’est pas moins morte que le corps ne l’est lorsqu’on le met en terre. Elle est réellement et positivement morte, et non pas seulement dans un sens métaphorique. Paul ne parle pas en métaphore lorsqu’il dit : « Vous qui étiez morts par vos offenses et par vos péchés » (Éphésiens 2 :1).

 La marche des morts-vivants

 NOOOONN !! Nous sommes envahis ! Les gens que l’on côtoie sont des zombies ! Pire, j’en étais un aussi… Comme ces morts vivants d’Hollywood, qui sont sans foi ni loi, on nous dit que :

Chacune des forces de l’homme cessa de fonctionner quant à sa vitalité morale. La bonté, qui était la vitalité de ses forces, disparut. La vertu, la sainteté et l’intégrité, qui composaient la vie de l’homme, s’enfuirent, et il mourut. En ce qui concerne les choses spirituelles, tout homme est désormais spirituellement « mort par ses offenses et par ses péchés ».

 D’accord, je vais arrêter d’être si facétieux…

J’espère n’avoir choqué personne par ces plaisanteries un peu burlesques, mais je trouve ce genre d’explications si peu crédibles… Mais vous avez raison, je me calme et je reprends mon sérieux.

Mais mort, ça veut dire mort, non ?

Mon but, en écrivant ce billet est simple. Je veux démontrer que lorsque la Bible décrit l’être humain comme mort, elle n’est pas en train d’affirmer ce que « Chacune des forces de l’homme cessa de fonctionner quant à sa vitalité morale. La bonté, qui était la vitalité de ses forces, disparut. La vertu, la sainteté et l’intégrité, qui composaient la vie de l’homme, s’enfuirent… ».

Je veux démontrer que cette situation de mort spirituelle est le résultat de la culpabilité qu’entrainent les offenses et les péchés qu’un individu peut commettre et non le résultat de ce qu’il hérite de ses premiers parents.

Pour ce faire, je vais premièrement porter une attention particulière sur l’interprétation d’un passage qui est souvent utilisé pour démontrer que nous sommes tous morts.

Je vais ensuite regarder quelques exemples bibliques de l’utilisation du mot mort comme métaphore, pour ensuite terminer par un résumé de la situation.

Éphésiens 2 – Vous étiez morts…

Le verset le plus souvent cité pour parler de notre mort est celui d’Éphésiens 2 :1. N’est-ce pas celui que l’extrait que j’ai cité un peu plus haut mentionne ? En effet. J’aimerais justement revenir sur cette citation .

Avant de trouver ce qu’un texte veut dire, n’importe lequel, il faut d’abord savoir ce qu’il dit.

Avant de trouver ce qu’un texte veut dire, n’importe lequel, il faut d’abord savoir ce qu’il dit. J’ai beau creuser ce verset, je n’y trouve pas le mot âme. En fait, je ne le trouve nulle part dans tout le livre d’Éphésien. Paul ne peut donc pas vouloir parler de la mort de l’âme.Étapes pour interpréter un texte

En effet, Paul s’adresse aux Éphésiens et non à des âmes désincarnées. Il leur dit : « vous étiez morts ». Or, à moins que les Éphésiens fussent bel et bien morts et qu’ils aient été littéralement réanimés pour qu’on puisse leur annoncer l’Évangile, il est évident que Paul utilise une métaphore. Ils respirent, ils ont un pouls, ils peuvent lire, parler, réfléchir (ils ont donc une activité cérébrale) – ils ne rentrent pas dans la catégorie c’est l’heure des obsèques.

Un macchabée ne peut rien faire, rien du tout, strictement rien, il ne peut même pas pécher. Bref, s’il est vrai qu’un cadavre ne peut accepter l’Évangile, il ne peut pas le refuser non plus. Si les Éphésiens avaient été littéralement morts comme le corps l’est « lorsqu’on le met en terre », ils n’auraient pu littéralement rien faire.

Un macchabée ne peut rien faire, rien du tout, strictement rien, il ne peut même pas pécher. Bref, s’il est vrai qu’un cadavre ne peut accepter l’Évangile, il ne peut pas le refuser non plus.

La métaphore – Ce n’est pas compliqué!

En présence de signes vitaux, on peut affirmer que le mot mort est une métaphore. En fait, ce n’est vraiment pas compliqué ! Si j’utilise un autre mot pour parler d’une personne, d’une chose ou d’un concept, que le mot qu’on doit normalement utiliser, et ce parce qu’il lui ressemble, j’utilise une métaphore. Lorsque je surnomme mon épouse mon Soleil, je ne veux pas dire qu’elle est une boule incandescente de 5 000 degrés Celsius, je veux dire qu’elle fait resplendir mes journées comme le Soleil par une belle journée d’été.

Je reviendrai au verset d’Éphésiens 2:1 un peu plus bas.

Mais si Paul utilise le mot mort comme métaphore, qu’est-ce qu’il veut dire ? C’est là le plus important. En effet, lorsque l’on veut trouver le sens d’un mot biblique, il faut comprendre l’usage courant du mot comme il était utilisé à l’époque de l’auteur. Cet usage courant,  l’usus loquendi en jargon théologique, doit primer et non pas l’usage qu’un système de théologie impose.

Ainsi, pour mieux répondre à cette question, je peux soit me fier à l’imagination trop fertile de certains théologiens ou je peux tourner les pages de la Bible pour savoir comment Elle, Elle utilise le mot mort comme métaphore.

En effet, lorsque l’on veut trouver le sens d’un mot biblique, il faut comprendre l’usage courant du mot comme il était utilisé à l’époque de l’auteur.

Commençons par Notre Seigneur.

Le Seigneur Jésus lui-même va utiliser ce mot d’une manière métaphorique dans sa parabole du fils prodigue. Le texte dit :

Car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir. (Luc 15:24)

On se rappelle que dans le contexte, le fils mort est entré en lui-même et décida de retourner voir son père. Peu importe ses motivations, une chose est certaine, c’est qu’un macchabée ne peut rentrer en lui-même et décider quoi que ce soit — nous sommes donc en présence de signes vitaux : il s’agit d’une métaphore.

Ce qui est intéressant, c’est que notre Seigneur, dans sa parabole, utilise le mot mort d’une pour parler de quelqu’un qui était perdu et il utilise l’expression « revenir à la vie » pour parler de quelqu’un qui a été retrouvé. Dans le contexte, le fils s’est séparé du père et c’est pourquoi il était mort, il était perdu. Son retour marque la fin de cette séparation du père ainsi que son « retour à la vie ».

Ce qui est intéressant, c’est que notre Seigneur, dans sa parabole, utilise le mot mort d’une part pour parler de quelqu’un qui était perdu et il utilise l’expression « revenir à la vie » pour parler de quelqu’un qui a été retrouvé.

Il ne parle certainement pas d’une perte de « vitalité morale » chez ce jeune. Comme si « La bonté, qui était la vitalité de ses forces, disparut. La vertu, la sainteté et l’intégrité, qui composaient la vie de l’homme, s’enfuirent, et il mourut ».

Le Seigneur s’adresse à une Église

 Un autre endroit où l’on retrouve le mot mort dans le Nouveau Testament :

Écris à l’ange de l’Église de Sardes : voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. (Apo 3:1).

Pourtant, les deux versets suivants nous disent :

Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir ; car je n’ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu. Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu, et garde et repens-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi. (Apo 3:2-3)

Un macchabée ne peut pas être vigilant, il ne peut affermir les autres, il n’a pas d’œuvres — parfaites ou non. Il ne peut rien garder ni se repentir… Pourtant, c’est bien ce que le Seigneur dit à l’ange de Sardes. Cet homme s’est écarté, il s’est éloigné de la Parole de Dieu et il doit s’en repentir. La mort ne parle donc pas d’une incapacité totale.

Et Paul ?

D’ailleurs, si la métaphore « mort » désignait une incapacité totale, comment se fait-il que Paul dise :

Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? (Rom 6:1-2)

Si le mot mort parlait d’une incapacité totale, nous chrétiens devrions donc être entièrement incapables de pécher… Est-ce le cas ? L’apôtre Jean ne dit-il pas : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. » (1Jn 1:8).

Si le mot mort parlait d’une incapacité totale, nous chrétiens devrions donc être entièrement incapables de pécher…

Nous devrions donc être même incapables d’être tentés, puisqu’un mort ne peut pas être tenté. Ne sommes-nous pas morts (Col. 3 :3) ? Notre vie n’est-elle pas cachée en Christ ?

Et la vieille nature pécheresse ?

Quelqu’un dira que nous avons une vieille nature pécheresse, c’est pour ça qu’on peut encore pécher… Mais c’est précisément là le problème, cette nature, c’est elle qui est morte et qui selon la définition calviniste devrait être totalement incapable de répondre à l’appel du péché :

Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; (Rom 6:6)

Le vieil homme a été crucifié et le corps du péché détruit, détruit ! Si le mot mort parlait d’une incapacité totale, alors comme l’équipage d’Ulysse dont la cire bouchait si bien les oreilles qu’elle les empêchait d’entendre le chant des sirènes, l’incapacité totale de notre vieille nature nous empêcherait même d’être tenté par l’appel du péché.

Chut ! Je crois entendre quelque chose au loin. Un tintement faible, mais répétitif : Ainsi, sonne le glas pour cette interprétation moribonde du mot mort.

Un peu plus d’Éphésiens 2

Donc, si je poursuis ma lecture de ce verset, je tombe sur une jolie petite préposition de trois lettres : par. En fait on en retrouve deux. Deux jolis groupes prépositionnels, qui nous présentent la cause de leur situation.

Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés (Ep. 2 :1).

La cause de leur mort, ce sont leurs offenses et leurs péchés, non pas le seul péché d’Adam. D’une part, le nom de notre premier père n’apparait nulle part dans ce passage, ni même dans toute l’épitre aux Éphésiens. D’autre part, il y aurait aussi un sérieux problème d’accord en nombre, car la mort des Éphésiens fut la conséquence de plusieurs offenses et de plusieurs péchés, alors que pour Adam, il ne s’agit que d’une « seule offense » (Romains 5 :16).

De plus, puisqu’il s’agit d’offenses et de péchés, je pense qu’il est clair qu’il ne s’agit pas d’une condition dans laquelle ils sont nés. L’être humain ne naît pas coupable de quoi que ce soit, il le devient en péchant.

Un peu de contexte

Mais j’aimerais reprendre un peu la lecture du contexte de ce passage d’Éphésien 2. Un peu plus loin, dans ce même chapitre, il est écrit :

C’est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair, appelés incirconcis par ceux qu’on appelle circoncis et qui le sont en la chair par la main de l’homme, souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ. Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié (Eph 2:11-14).

Encore une fois, on peut voir que le mot mort, lorsqu’elle est utilisée comme une figure de style, dénote l’idée de séparation. Le salut, de son côté, dénote celle de rapprochement, il dénote l’idée d’un mur de séparation qui a été renversé. Il y a réconciliation de la part des deux partis.

Le mot mort, lorsqu’elle est utilisée comme une figure de style, dénote l’idée de séparation. Le salut, de son côté, dénote celle de rapprochement, il dénote l’idée d’un mur de séparation qui a été renversé.

Comme je l’ai mentionné, la Bible parle de la mort comme d’une conséquence des offenses et des péchés. C’est d’ailleurs là ce que Jacques enseigne :

Que nul, quand il est tenté, ne dise : je suis tenté par Dieu ; – car Dieu ne peut être tenté par le mal, et lui ne tente personne. Mais chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; puis la convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort. (Jac 1:13-15).

De plus, cette description que fait Jacques est cohérente avec l’expérience que l’apôtre Paul nous raconte dans l’épitre aux Romains.

Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus. Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. Car le péché saisissant l’occasion me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. (Rom 7:9-11)

Comme on peut le voir dans ce texte de l’Épitre aux Romains. Il y a eu un temps dans la vie de Paul ou il vivait, il n’était pas encore mort, mais le péché saisissant l’occasion le fit mourir. Comme on peut voir, ce sont bel et bien les offenses et les péchés qui conduisent à la mort.

En conclusion

En écrivant ce texte, je m’étais proposé de démontrer que la mort spirituelle d’une personne est le résultat de la culpabilité qu’entrainent ses propres offenses et ses propres péchés et non le résultat de ce qu’il hérite de ses premiers parents.

Comme nous l’avons vu, ce sont bel et bien les offenses et les péchés qui nous font mourir (Eph. 2 :1; Col. 2 :13; Rom. 7 :9-11) et non la culpabilité que nous héritons d’Adam.

La volonté de l'homme est libre parce que Dieu est souverain. Un Dieu moins souverain n’aurait pas pu accorder la liberté morale à ses créatures. Il aurait eu peur de le fairePour ce faire, j’ai premièrement porté mon attention sur l’interprétation d’Éph. 2 :1  qui est souvent utilisé pour démontrer que nous sommes tous morts. Cette lecture attentive nous a permis de soutenir ce que j’avais affirmé en entrée de jeu.

J’ai ensuite regardé quelques exemples bibliques de l’utilisation du mot mort comme métaphore, où l’on peut voir que ce mot connote une séparation et non pas une quelconque incapacité.

Dans les prochains billets, je veux apporter un regard plus minutieux à des textes comme Romains 5 pour démontrer que nous n’héritons pas de la culpabilité d’Adam. Je veux aussi établir le fait que d’affirmer une vraie liberté humaine, ce n’est pas désavoué la souveraineté de Dieu, bien au contraire. Comme le dit A.W. Tozer :

Dieu a souverainement décrété que l’humain devrait être libre d’exercer ses choix moraux, et depuis le commencement l’humain a accompli ce décret en faisant le choix entre le bien et le mal. Lorsqu’il choisit de faire le mal, il ne contrevient pas à la souveraine volonté de Dieu, mais il l’accomplit, dans la même mesure où le décret divin éternel n’a pas décidé quel choix l’humain devrait faire, mais plutôt qu’il devrait être libre de faire ce choix. Si dans sa liberté absolue Dieu a voulu donner une liberté limitée, qui peut contredire Son action, et dire, ‘Que fais-tu? La volonté de l’homme est libre parce que Dieu est souverain. Un Dieu moins souverain n’aurait pas pu accorder la liberté morale à ses créatures. Il aurait eu peur de le faire.

Pour en savoir plus sur ce qu’est la liberté, je vous propose ce texte-ci et celui-ci.

 

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